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Affaire privatisation Sotel Daoussa Deby boudé par les députés tchadiens

Malgré son « atalakou » visant à les berner, les députés ont dit « niet » à Daoussa Deby, Ministre des Postes et des Nouvelles Technologies de l’Information, le 30 mai dernier.

Par Fernande Fexaude

C’est un fait rarissime, la présence du « grand frère national » face aux élus du peuple au palais de la démocratie sis au quartier Gassi. Fort de sa « baraka présidentielle », Daoussa Deby qui croyait convaincre les députés a tapé sur l’os du cochon. Car, les élus du peuple sont plus préoccupés par la situation de 565 employés qui seront mis dans la rue. Mieux encore, la privatisation des entreprises publiques ont fini par suscité que du remord au sein de l’opinion nationale. Les exemples sont à cet effet légions. En effet, la privatisation des services de délivrance du passeport et autres ont laissé une blessure béante dans le cœur des Tchadiens. Ce qui cloche louche dans cette affaire Sotel, c’est l’acharnement de Daoussa à vouloir vaille que vaille privatiser cette entreprise de droit Tchadien. Pour pouvoir emballer les élus dans son projet de privatisation, Daoussa s’est lancé à priori dans une campagne de diabolisation contre la Sotel. Dans cette logique, le Directeur général de la SNER martèle que, la seule alternative honorable pour Sotel est sa privatisation, car elle absorbe plus d’argent qu’elle génère. Cette déclaration de Daoussa n’est plus ou moins qu’une fourberie. Car dans son speech, l’actuel Ministre des Poste concède que le secteur des télécommunications vient en deuxième position après les industries de pétrole en termes d’apport dans la croissance de l’économie du pays. Le secteur, dit-il a versé au titre de diverses redevances d’impôt et taxes 191 milliards entre 2009 et 2013. « C’est un secteur en pleine expansion qui pourrait booster l’économie, si des moyens colossaux y avaient été injectés. Les télécommunications sont un secteur dynamique qui nécessite des investissements lourds pour qu’il puisse en retour donner des résultats escomptés. », dit le Ministre des Postes et des Nouvelles Technologies de l’Information, Daoussa Deby. Oui, les Tics sont un secteur juteux et, c’est là résulte le problème en question de Sotel.

Vers une privatisation « clanisée »

Dans nos collectes d’informations auprès des quelques agents de Sotel, le propos de Daoussa est balayé d’un revers de main. Contrairement à ses dires, quelques contactés contredisent Daoussa en admettant, que la santé financière de Sotel est enviable. Selon eux, en une seule année, Sotel parvient à effectuer une recette à hauteur de 7 à 8 milliards F cfa, hors facture de l’État. « L’État seul, consomme plus de 7 milliards, qu’il ne règle jamais. D’ailleurs, il élabore sur son budget prévisionnel, 1 milliard plus. Cette somme est minime, dans la mesure où, il consomme par mois, plus de 500 millions de F cfa. Donc, s’il faut multiplier les 500 millions fois 12 mois, vous aurez 7 milliards et plus », décrypte un agent de la boite. Selon ces derniers, le problème est ailleurs. Pour eux, les puissants du régime veulent user d’une méthode tordue pour s’approprier la Sotel. « Daoussa veut arracher cette juteuse entreprise pour le clan », révèle-t-il sous l’anonymat l’un d’entre eux.

Pacte social de Nadingar remis en cause

En réalité, si la privatisation fait couler de salive, les mesures d’accompagnement des employés que proposent Daoussa sont sujettes à problème. Fort de sa puissance présidentielle, Daoussa Deby veut remettre en cause les discisions du comité interministériel, mis sur pied par l’ex Premier ministre, Emmanuel Nadingar, à travers un arrêté N° 3941/ PM/ CAB/2011, portant création d’une commission interministériel d’examen de la mise en œuvre du pacte social de la Sotel. Dans ce pacte social, il est arrêté de commun accord avec les membres du syndicat de Sotel, qu’en cas de privatisation réussie, le coût total du pacte social doit être défalqué du prix de vente de la transaction et versé dans un compte spécial au nom du comité de gestion. Il a été décidé aussi, le paiement de 60 mois de salaires aux agents contractuels ayant plus de 15 ans ancienneté. Mais curieusement, Daoussa, qui vennait d’être bombardé ministre des Postes refuse de prendre en compte les mesures du pacte social.

Agents de Sotel contre Daoussa

En refusant le pacte social, d’Emmanuel Nadingar dont les résolutions sont étudiées par un comité interministériel, Daoussa croise le fer avec les agents de la Sotel. Ces derniers refusent vertement le comité de réflexion qu’il vient de mettre sur pied. « Pacte social où rien », clame à l’unanimité les agents de Sotel. Après avoir résisté au plan B dit « Plan de Redressement » de l’ex ministre des Poste, Abdoulaye Sabour, les agents affichent leur volonté d’en découdre avec l’actuel Ministre de Poste avec son fameux « comité de reflexion ». Telle que les choses se précisent, l’affaire Sotel risquerait de générer une crise sociale, dans la mesure où même, les élus du peuple en question ont demandé au Ministre des Postes de prendre en compte le plan social pour la réinsertion de 556 employés de Sotel. Pour être clair, il faut dire que, la plupart des députés qui sont intervenus, se sont prononcés contre la privatisation de la Sotel, car ils disent que les pays qui ont fait l’amère expérience en privatisant les sociétés nationales, sont entrain de regretter maintenant. Qui dit mieux !