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Le parti Alnassour a-t-il des visés islamistes?

Les résolutions de la politique nationale prises lors du 2éme congrès du parti Alnassour s’apparentent à un parti islamiste. Pis, ce parti semble mimer « les frères musulmans d’Égypte ». Décryptage.

Par Fernand Fexaude

Le 2éme congrès du parti Alnassour qui s’est déroulé du 21 au 22 mars dernier au Ministère des Affaires Étrangères et des Intégrations Africaines de N'Djaména a montré les signes de l'appartenance de ce parti à l'idéologie islamiste.

En effet, les résolutions prises lors de ce congrès ne sont pas seulement fracassantes. Elles foulent aussi allègrement au pied les dispositions de la Loi portant n°45/PR du 14 décembre 1994 portant charte des partis politiques au Tchad. « Conformément à l’accord du 13 aout 2007 et celui du 02 avril 2013 mettant sur place le CNDP, nous congressistes du Parti Alnassour recommandons au Tchad de soutenir la question Palestinienne, car elle est d’abord humanitaire avant d’être politique et jusqu’au retour de Jérusalem comme capitale. Nous demandons aussi au gouvernement d’insérer au programme l’enseignement religieux. Nous proposons au gouvernement de rejoindre la ligue arabe pour suivre ses intérêts économiques et politiques », ont recommandés les congressistes. Du Point de vue géostratégique et politique, de telles revendications politiques émanant d’un parti politique qui vise à conquérir le pouvoir au Tchad par la voix des urnes donnent véritablement matière à réflexion. L’on voit d’un mauvais qu’Alnassour s’approprie la question palestinienne. Franchement, les Tchadiens sont-ils intéresses par la crise israélo-palestinienne ? Comme tout cela ne suffisait pas, Alnassour semble oublier l’époque noire de la guerre des années 1979. Une guerre engagée au nom de la religion pour diviser les tchadiens et saper les fondements d’un État nation. Pendant que la prise de conscience est rampante pour concilier les tchadiens, Alnassour sembler ramer contre courant. L’enseignement de la religion dans les établissements publics que veux prôner Alnassour est un germe porteur d’un virus assez dangereux. A tel point que les culturalistes et les sociologues ne vont en disconvenir. La religion, c’est un dogme dit Mahamat Nassour, sociologue de formation. Un dogme, ajoute-il, c’est un choix qu’il prendre ou laisser. « L’excès de socialisation religieuse est à l’origine de plusieurs courants extrémistes dans le monde. Toute culture exagérément intériorisée risquerait d’inciter l’apprenant à un dogmatisme extrêmement dangereux. D’où le terrorisme. N’est-ce pas au Tchad, lors de la guerre des années 70, des politiciens ont su faire alliage entre religion et politique pour parvenir à leurs fins. Des individus ont été manipulés au nom de la Djihad pour tuer. Et se permettre comme le souhaite ce parti Alnassour, l’enseignement de la religion est un acte inadmissible », s’interroge Gabriel Lissette, un jeune politologue de formation. « Que cache Alnassour en s’appuyant sur l’accord politique du 13 aout 2007 et celui du 02 avril 2013 mettant sur place le CNDP pour défendre ses valeurs religieuses par la politique », s’interroge-t-il. Alnassour est-il allié aux partis islamistes ? Au regard de cette position politique, beaucoup de langues marmonnent que le parti Alnassour serait une organisation politique ayant une alliance solide avec quelques mouvances islamistes de l’Afrique du Nord. Un choix politique qui viole de l’avis de quelques politologues, la forme républicaine et le caractère laïc de l’État. « En soutenant la cause Palestinienne, Alnassour s’inscrit dans la droite de la mouvance « salafiste », un courant religieux propre à la Qatar et du parti des frères musulmans d’Égypte », analyse Lisette. En conséquence, poursuit-il, Alnassour foule systématiquement au pied, la Loi portant N°45/PR du 14 décembre 1994 portant charte des partis politiques au Tchad. En effet, l’article 6 de la Loi 045 stipule que, les partis politiques doivent dans leur programme et leurs activités, proscrire le régionalisme, le confessionnalisme, la xénophobie, l’incitation et/ou le recours à la violence sous toutes ses formes, souligne-t-il. Dans nos démarches de vérification, des informations font état d’une alliance politique liant Alnassour au parti des frères musulmans d’Egypte. Rapproché, un membre du parti confirme qu’en 2012, l’ex vice-président du parti Alnassour, Dr Ahmat Mahamat Djidda serait parti en Égypte signer un accord avec Mahamat Morsi. Un bureau exécutif à scandale Si la reconduction du député Mahamat Youssouf, comme Président national à la tête du parti, la composition du bureau donne matière à réflexion. Il suffit de voir la liste des membres du bureau exécutif pour se rendre compte. Un bureau non représentatif, contraire à la philosophie de la Loi N° 045. En effet, ce document juridique qui définit les droits, les libertés et obligations des partis politiques souhaite un bureau exécutif hétérogène.

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