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Thierry Patrick AKOLOZA
Thierry Patrick AKOLOZA

CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION

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REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

Unité – Dignité – Travail

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Objet de l’interpellation

Honorable Président du Conseil National de Transition ;

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement de Transition ;

Mesdames et messieurs les membres du Gouvernement de Transition,

Honorables Conseillers Nationaux, chers collègues.

A l’ouverture de la deuxième session ordinaire du Conseil National de Transition de 2014, la représentation nationale à travers son président annonçait déjà l’interpellation du gouvernement exclusivement sur la gestion du don Angolais qui a défrayé la chronique, mettant en cause l’honneur et la crédibilité de la nation. De plus, avant ce rendez vous, la ville de Bangui s’est plonger une fois de plus dans la violence. Ce sont ces sujets, de grande importance qui justifient votre présence devant les représentants du peuple qui attend de vous des explications claires et précises. Permettez-moi tout d’abord en me référant aux textes en vigueur de dire que l’interpellation n’est pas une innovation provocatrice, mais une disposition légale. Selon les dispositions de l’article 87 du règlement intérieur du Conseil National de transition «elle est une demande d’explication adressée au gouvernement où a ses membres les invitant à se justifier selon les cas, sur l’exercice de leur autorité quant à la gestion de la chose publique » L’article 89 alinéas 2 du même texte stipule que « le premier ministre ainsi que les membres du gouvernement ne sauraient se soustraire à l’interpellation » C’est dire que l’exercice auquel nous allons nous soumettre ce jour est démocratique et se justifie non seulement par les dispositions de la loi portant Charte Constitutionnelle de transition et de notre Règlement Intérieur, mais aussi et surtout par les préoccupations légitimes de la population que nous représentons. Selon la révélation faite par Jeune Afrique et relayée par la presse nationale, 2,5 millions de dollars de ce don fait à notre pays par l’Angola pour lui permettre de résoudre ses multiples problèmes, auraient pris une autre direction. Monsieur le Premier Ministre, par votre présence aujourd’hui le peuple centrafricain veut être éclairé sur l’utilisation de ce don et précisément savoir :

1. S’agit –il d’un don ou un prêt consenti par l’Angolais ?

2. Existe-t-il une convention à la base de ce don ou de ce prêt ?

3. Si oui, qui en a été le signataire ?

4. La convention porte sur quel montant exact ? 5. Quelles ont été les modalités de décaissement de cette assistance?

6. Pourquoi le fond encaissé n’a t’il pas été logé dans les caisses du trésor public comme l’exige le principe de l’unicité des caisses de l’Etat ?

7. Est-il vrai que les ressources ont été remises entièrement en dollars américain ?

8. Pouvez-vous nous éclairer sur les opérations de change effectuées au Cameroun ?

9. Qui a effectué les changes selon quels taux ? 10. Quels sont les résultats de cette opération, en termes de ressources perçues par le trésor public, le coût de la transaction, le non perçu par le trésor et sa destination ?

11. Si le Ministre des finances de l’époque, ordonnateur principal des dépenses de l’Etat, était impliqué dans la gestion de ce don.

12. Pourquoi ce don est géré directement par la présidence de la République puisque c’est le Directeur de Cabinet qui a justifié les dépenses.

Monsieur le Premier Ministre,

les Conseillers Nationaux ne sauraient passer sous silence les derniers événements qui ont secoué la ville de Bangui ces derniers jours entrainant la paralysie de l’Eta et qui ont endeuillé plusieurs familles. Aussi, voudriez-vous donner des explications sur cette recrudescence de violence et quelles sont les mesures déjà entreprises par votre gouvernement pour mettre fin à cet état de chose afin de permettre à la paisible population éprise de paix de vaquer librement à ses occupations. Soucieux de la bonne marche de la transition pour un retour dans un délai raisonnable à la légalité Constitutionnelle, le Conseil National de Transition attend du Gouvernement des réponses rassurantes aux préoccupations soulevées ci-haut.

Tels sont ici résumé, Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, les motifs de l’interpellation de ce jour.

Pour le Conseil National de Transition

Le Rapporteur Général

Thierry Patrick AKOLOZA

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