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Voici ce qui se passe au Ministère de l'élevage

Par Taokamla Ahmat Baradine, à N'Djaména

La priorité actuelle du Gouvernement, nous a-t-on souvent repeté, est de réduire pauvreté et la faim du citoyen tchadien; il s'avère que ceux qui sont en charge de cette mission commence la charité par eux-mêmes; cette règle n'est pas nouvelle au Tchad, mais il y a des situations grotesques qui frise l'invraisemblable. Après l'ADAC, voici des révélations sur des situations qui méritent en urgence d'être observées de près, sinon ce sera "le médecin après la mort". Le Ministre de l'élevage Issa Ali Taher, après s'être fait accompagné pendant plus d'un semestre d'une équipe d'acolytes débarqués avec lui, s'est résolu à se débarrasser des plus gênants d'entre eux, dont son Secrétaire Général adjoint, et à maintenir quelques uns, que nous découvrirons progressivement dans nos lignes. Nous nous pencherons aujourd'hui sur celui qui a été ciblé pour "assumer" la gestion administrative, financière et comptable du PADIAT (Programme d'appui au Développement des Industries Animales au Tchad), un des plus importants projets du ministère (avec une enveloppe de plus de 150 milliards de FCFA). Les talents ne manquent pas aux tchadiens quand il s'agit de tourner en dérision les fonctionnaires et l'Etat à la fois, en faisant chantage aux agents et en déviant leur mission en une manne.

La dernière trouvaille, c'est le "Djimadoum de service" d'en haut (et non pas le subalterne connu jusqu'à ce jour); à l'exemple du Coordonnateur du Projet PADIAT, Dr Molélé, dont l'adjoint, Mr Tata, aux références peu connues, est désigné non pour le seconder, mais indépendant car officiellement chargé de l'administration, des finances et de la comptabilité; quitte au Coordonnateur titulaire de se contenter du titre sans fonction effective, à défaut de perdre les deux, comme il aurait déjà eu à le constater avec l'ancien SG du ministère Dr Bendima; ce dernier, officieusement dépouillé de ses prérogatives de gestion financière au profit de son adjoint (ce qui avait sérieusement affecté son humeur et sa santé), avait fini par démissionner après avoir été suspendu de ses fonctions.

Le ministère a subi une vacance au poste de plusieurs mois, au cours desquels l'inefficacité et l'amateurisme au Secrétariat Général ont laissé place à une résignation générale. Le Coordonnateur adjoint du PADIAT, un ancien décisionnaire recruté il y a quelques années en qualité de manœuvre à la fonction publique, a effectué de multiples pérégrinations à l'administration du territoire avant de venir se refugier à l'élevage en abandonnant son poste à Massakory, où semble-t-il, il rencontrait de difficultés de collaboration comme partout où il est passé. Espérons seulement que la mangeoire du PADIAT attenue ses humeurs en attendant l'avalanche des insuffisances qui le mettront de nouveau en disgrâce. Ce qui étonnerait plus d'un, c'est comment le ministre s'est-il arrogé le droit d'abroger le décret du PR qui l'a nommé à Massakory, par un arrêté signé de lui-même, ce qui est une notion élémentaire de droit. Manifestement, il est difficile d'être alors plus surpris sur le choix de la personne, que sur les intentions qui ont guidé ce choix. Cet agent serait-il une pompe-à-fric au sein du projet, au bénéfice d'une main invisible? En dépit de cela, une des grandes préoccupations demeure le fait que ce projet est un des plus importants que l'élevage du Tchad ait connu jusqu'à ce jour, et que de nombreux espoirs reposent sur lui, du coté du Gouvernement, des bailleurs, des éleveurs et des consommateurs.

A voir le moral présumé de ses cadres à commencer par leur sommet, on est mal parti pour créer une dynamique de travail, encore moins de résoudre l'insécurité alimentaire dans un futur proche. Quand aux bailleurs, ils vont surement faire face à une série de délits d'initié pour ne s'être pas penché sur la question du recrutement du personnel en temps opportun. La réponse est surement du coté de la qualification de certains bailleurs comme la BEAC, qui s'occupaient traditionnellement de secteurs financiers, et intervenant beaucoup moins dans l'élevage, bien qu'il s'agisse là d'investissements industriels; une raison de plus pour se faire sérieusement accompagner des meilleures compétences locales après les avoir formées, et de l'expertise qualifiée externe.

pas l'expérience des traditionnels bailleurs du secteur, ils sont restés relativement en marge du jeu décisionnel. Les bénéficiaires quand à eux (Gouvernement, éleveurs et consommateurs) resteront sur leur faim, et le brin d'espoir qu'ils se sont forgés partira en fumée.

A la différence de nos généraux sans formation militaire, de nos autorités administratives analphabètes, et bien d'autres encore, qui ne remplissent aucune mission, ce secteur mérite bien plus d'égard que cela.

Se ressaisir au plutôt pour recadrer le tir, c'est ce qu'il faut; avant que les sérieuses bourdes à venir ne transforment la vision commune en cauchemar, et en espérant qu'une obstination injustifiable ne prenne le dessus sur la sagesse et la responsabilité. wait and see.

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