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Mesdames et Messieurs les journalistes, Chers Compatriotes

Il y a aujourd’hui 56 ans jours pour jour que notre pays fut proclamé REPUBLIQUE. Pour ne pas laisser passer inaperçue une date aussi importante dans l’histoire de notre pays, le MPTR décide d’en débattre du bilan et des perspectives avec la presse. Depuis sa proclamation le 28 novembre 1958, la république du Tchad aura connu une histoire pour le moins chahutée. Si les raisons de ce parcours cahoteux sont souvent rétribuées aux nombreux conflits armées qu’a connus le pays et en particulier à la sanglante guerre civile de 1979, la réalité demeure bien plus complexe. En effet, la longue parenthèse autoritariste qu’a connue le Tchad de 1963 à 1990, avec le summum de la répression entre les années 1982 et 1990 aura imprimé dans l’inconscient collectif une culture d’hésitation, de méfiance vis-à-vis de la politique avec pour conséquence un incivisme profond des populations d’une part, et de l’autre, un profond laxisme des acteurs politiques. Dès lors, le Tchad apparaît comme une République à deux visages : le visage de l’architecture institutionnelle théorique et celui des mentalités des tchadiens. Sur le plan institutionnel, de 1958 à ce jour, notre pays aura fait un remarquable bond en avant du point de vue de la charpente juridique des institutions étatiques. Ainsi, nous pouvons énumérer l’existence de fait des trois pouvoirs fondamentaux qui caractérisent une République, à savoir le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et celui du judiciaire. A ces éléments se rajoutent d’autres institutions telles que la Médiature Nationale, le Conseil économique, culturel et social, qui sont censés apporter à l’étoffe républicaine davantage de culture de réflexion, de dialogue et d’échange. Par ailleurs, l’on ne peut éluder la vivacité de la société civile, avantageusement appuyée par les médias privés, qui constituent les sentinelles de notre « vivre ensemble ». La Société civile tchadienne demeure la plus ancienne force vive du pays, car, c’est dès l’aube de la proclamation de la République que les tout premiers syndicats et associations villageoises ont vu le jour. Si à ce tableau succinct, nous ajoutons les arsenaux juridiques fort nombreux, susceptibles de régenter le fonctionnement de l’Etat, nous pouvons dire qu’en un peu plus d’un demi siècle, notre pays a su se doter de tous les atouts théoriques qui consacre le régime politique qu’on nomme la « République » c'est-à-dire la chose publique, la chose commune. Mais la Républicaine, dans son volet théorique ne suffit pas au développement d’un Etat. Il faut être en phase du développement culturel, intellectuel et social. Si l’émancipation des Nations ne se faisait que dans les textes, le Tchad serait un pays de rêves. Mais hélas, dans la vie des nations, c’est la pesanteur humaine, la qualité des hommes et des femmes vivant dans un esprit d’égalité qui constituent le peuple qui détermine le progrès. Les régimes qui se sont succédés au pouvoir jusqu’à ce jour, ont rendu, par la terreur, notre peuple amorphe, désinvolte. Les Tchadiens sont enclins à s’astreindre à la vie de bohème : vivre au jour le jour, sans projection lointaine. Dans une République, c’est l’implication de tous dans la gestion de l’Etat, chacun et chacune dans son rôle au gré de ses compétences qui insuffle la performance à un Etat. L caractère amorphe de notre peuple rend diléttants les gouvernants. En réalité, depuis le début des années quatre vingt, notre pays a relégué au second rend la formation des esprits. Avec un système éducatif exsangue, l’Etat tchadien est devenu progressivement incapable de produire des hommes et des femmes à même de réfléchir conséquemment, courageusement et lucidement, de sorte que l’intérêt collectif l’emporte sur les aspirations individuelles et claniques. Aussi, la décrépitude de notre école reste le plus grand fiasco de notre République depuis sa proclamation. Et puisque l’école constitue la colonne vertébrale de tous les autres facteurs de développement, c’est l’ensemble des foyers d’émancipation qui se trouvent grabataires aujourd’hui. En définitive, le chemin parcouru par notre jeune République suit un rythme binaire : performance dans l’arsenal juridique théorique d’un côté, et de l’autre, profond laxisme dans le respect des lois censées régir la gestion de la chose publique. Aujourd’hui, le bilan est décevant. Mais puisqu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, l’Etat se doit de faire renaître l’école de la République pour que demain soit reluisant. En effet, dans l’actuel contexte de la mondialisation, le défit de l’éveil est celui qui nous interpelle tous, car quelles soient les richesses, nous ne connaîtrons jamais le développement sans les compétences humaines. Voilà pourquoi, le PEUPLE TCHADIEN doit faire un sursaut humaniste pour pousser au travail, à l’orthodoxie et à l’honnêteté intellectuelle ceux qui ont la charge de gouverner notre pays. Sinon, là où le peuple somnole, les gouvernants dorment.

En fin je profite de cette occasion pour m’intéresser au paysage politique actuelle, notamment le Code sur le pastoralisme et le processus électoral. Concernant le Code, nous ne dirons pas plus qu’il s’agit, pour le régime, de planifier une guerre civile au Tchad. Ceux qui ont eu le zèle de le voter seront rattrapés le moment venu .

Sur le plan politique, Le MPTR dénonce la dérive grave du CNDP qui a, non seulement produit une liste subjective des démembrements à la CENI, mais envisage passer à la désignation des Président des démembrements de la CENI sans prendre en compte les exigences de la grande partie de l’opposition qui lui a fait parvenir ses protestations. De ce fait, les membres du CNDP se sont totalement compromis et doivent être purement et simplement remplacés.

Pour nous, la tâche revient désormais à la seul CENI d’envoyer ses délégués sur le terrain pour constituer la liste des démembrements. Toute implication des membres du CNDP est nul et de nul effet.

Je vous remercie

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