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« La reconquête des zones sous contrôle de mouvements rebelles est un préalable au redéploiement de l’administration, véritable instrument d’appui à l’organisation des élections. » Alexandre Ferdinand Ngendet
DISCOURS D’OUVERTURE DE LA DEUXIEME SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ANNÉE 2015 PRONONCÉ PAR SON EXCELLENCE ALEXANDRE FERDINAND NGUENDET PRÉSIDENT DU CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION

(Hémicycle Conseil National de Transition, Lundi 2 février 2015)

• Madame le Ministre d’Etat, représentant monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement de Transition ;

• Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ; • Mes Chers Collègues Conseillers Nationaux;

• Excellences Mesdames et Messieurs les Représentants du Corps diplomatique et des Organisations Internationales,

• Mesdames et Messieurs, distingués personnalités, Il me plaît de vous retrouver ce jour, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la 2ème Session Extraordinaire de l’année 2015 du Conseil National de Transition.

La présente session peut être considérée, à plus d'un titre, extraordinaire, parce qu'elle s'ouvre dans un climat où le peuple éprouve plusieurs sentiments. Le premier sentiment est celui de la crainte du lendemain et de la réussite des élections. Le deuxième sentiment est celui de la croyance en l’avenir à partir des efforts que nous devons fournir pour sortir notre pays de la situation où il se trouve. S'agissant de la crainte, tout le monde est témoin des manœuvres machiavéliques des ennemis de la paix qui mettent actuellement tout en œuvre pour empêcher les consultations à la base avec l’objectif de faire échec à la tenue du Forum de réconciliation de Bangui prévu pour le mois de Mars, cela avec un autre objectif ; celui d’empêcher également le bon déroulement des élections générales prévues pour le mois d’Août 2015.

Comment ne pas prendre au sérieux de telles menaces qui risquent de bloquer la poursuite de la transition, l’organisation du Forum de réconciliation de Bangui et des élections ?

Que visent réellement les auteurs de ces actes de sabotage qui sont pourtant signataires de l’Accord de Cessation des hostilités signé le 23 juillet 2013 à Brazzaville ?

Tout cela ne peut qu’inquiéter le peuple et l’emmener à craindre le lendemain. Pour ce qui concerne l’espoir qui s’illumine encore en notre peuple, il est fondé sur sa volonté en tant que peuple de chercher par lui- même les moyens de se relever contre la volonté de ceux qui veulent le condamner à l’asservissement et à la remise en cause totale de sa souveraineté.

Pour cela, nous devons nous déterminer et prendre nos responsabilités. Voilà le contexte dans lequel s’ouvre cette deuxième session extraordinaire de l’année 2015 du Conseil National de Transition consacrée à l’examen de l’avant projet de la Constitution de la République Centrafricaine.

• Mesdames et Messieurs, Comme vous le savez, mandat a été donné au Conseil National de Transition par le Sommet des Chefs d’Etat de la CEEAC tenu le 18 avril 2013 à Ndjamena, d’élaborer la future loi fondamentale du pays devant être soumise au référendum peu avant les élections générales. Aujourd’hui, je puis vous assurer que cette mission est accomplie à la diligence de la Commission Elargie du Conseil National de Transition qui a été mise en place. La Commission a eu, au cours de ses travaux, à auditionner des personnalités politiques, des acteurs de la société et certains partenaires dont les avis étaient indispensables. Elle s’est imprégnée des approches pouvant permettre l’adaptation de la prochaine loi fondamentale aux réelles aspirations du peuple centrafricain.

La Commission a terminé sa mission et produit son rapport qui aurait pu être examiné au cours de la dernière session ordinaire de l’année 2014, mais faute de temps, nous avions jugé utile de renvoyer son examen au cours de la présente session extraordinaire. •
 Mesdames et Messieurs, 
• Chers Collègues Conseillers Nationaux, Avec l’élaboration de cet avant projet de la future loi fondamentale de notre pays, nous avons épuisé la mission a nous confiée par les Chef d’Etat de la CEEAC. Il ne reste plus au Conseil National de Transition que de continuer à jouer son rôle constitutionnel de vote de la loi et de contrôle de l’action gouvernementale. Je tiens, cependant à dire que la production de cet avant projet de la Constitution n’est que la première étape du processus, puisque après l’appréciation des Conseillers Nationaux et la prise en compte des amendements qu’ils peuvent apporter au document, le texte final sera soumis à discussion au cours d’un Séminaire National de validation qu’organisera le Gouvernement. Cette instance est prévue pour permettre à toutes les forces vives de la Nation de donner leurs appréciations sur le document produit, avant sa soumission au référendum prévu pour le mois de juin 2015. Par conséquent, je demande aux forces vives de la Nation d’éviter de créer des polémiques autour du premier travail réalisé afin de nous permettre d’avancer et de faire aboutir ce texte qui va fixer les bases juridiques de notre société.

• Madame le Ministre d’Etat, représentant monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement de Transition,

Je tiens à vous assurer que le Conseil National de Transition travaillera aux côtés du Gouvernement pour qu’avec lui, ils puissent relever les défis qui se posent encore au pays et à les surmonter. Le défi qui, à mon avis est de nature à bloquer le processus de transition au stade où il est, et qui risque de nous ramener à la case départ est le défaut de désarmement et surtout la volonté manifeste de certains groupes armés de garder les armes pour empêcher l’Etat, c'est-à-dire le pouvoir central à s’organiser en vue de créer les conditions de la réconciliation nationale et de la préparation des élections.

Cette stratégie est mise en œuvre à Bambari, Bria, Ndélé, Kaga Bandoro et dans bien d’autres régions du pays. Je l’ai dit il y a de cela quelques jours, nous ne devons pas nous leurrer, nous devons être réalistes lorsque nous parlons de certaines choses. Le vœu du peuple aujourd’hui, c’est d’aller aux élections. Mais comment irons-nous à ces élections si nous continuons d’avoir sur le territoire national des hommes incontrôlés lourdement armés et certaines parties du territoire occupées ?

La solution reste à mon avis une mobilisation générale en vue du désarmement effectif des groupes armés et le lancement d’une vaste opération de redéploiement des FACAS sur l’ensemble du territoire national. Cette solution, nous devons la partagée avec les partenaires des forces internationales qui nous assistent en ce moment et qui doivent nous comprendre, comprendre qu’on ne peut discuter et négocier avec des personnes de mauvaise foi.

En effet, le Gouvernement assisté des forces vives de la Nation ont signé l’Accord de Cessation des hostilités de Brazzaville qui demeure sans application à ce jour. Comment compter sur la bonne foi de ceux-là qui visiblement signent des accords et poursuivent, en même temps, d’autres objectifs ? Depuis le mois de Juillet 2014, la ville de Bangui continue d’être le théâtre des actes criminels et de pillages au grand dam des populations, l’arrière pays continue d’être occupé et dirigé selon la volonté des groupes rebelles. Que devons nous faire ? Je le redis, il nous faut dès à présent si nous voulons tenir le pari d’organiser les élections au cours de l’année 2015 et rétablir l’ordre constitutionnel normal, réorganiser les Forces armées Centrafricaines, les équiper et les redéployer sur l’ensemble du territoire National.

La reconquête des zones sous contrôle de mouvements rebelles est un préalable au redéploiement de l’administration, véritable instrument d’appui à l’organisation des élections. Toute élection organisée sans désarmement et sans libération des parties occupées du territoire national porterait le germe de contestation de la légitimité des autorités qui seront élues au cours de ces élections et de la guerre civile. Il n y a aucune autre solution à envisager que celle là ! Le Commandement de la MINUSCA doit recentrer ses objectifs et soutenir le Gouvernement et tout le Peuple Centrafricain à parvenir à cette fin. Sinon, quel sera le sens de la présence de la mission onusienne en terre centrafricaine ?

Je me réjouis de la récente déclaration du Ministre d’Etat en charge de la Défense Nationale indiquant qu’il existe aujourd’hui 8 000 éléments des FACAS prêts à servir notre Nation. J’exhorte donc le Gouvernement à les organiser et à les mettre en ordre de servir notre patrie. D’autres éléments complèteront certainement cet effectif dès lors que nous créerons les conditions de rendre possible l’exécution de leur mission.

• Madame le Ministre d’Etat, représentant le Premier Ministre, Chef du Gouvernement de Transition, Aucun Etat ne peut être viable s’il ne se donne pas les moyens d’assurer sa sécurité, de garantir à tout moment l’intégrité de son territoire, de protéger ses citoyens et leurs biens. C’est pourquoi, il nous faut absolument assurer l’équipement de nos forces armées et l’assainissement de leurs rangs. Il est vrai que l’Etat éprouve de sérieuses difficultés au plan financier, mais il doit se donner les moyens de ce qu’il veut obtenir comme résultats positifs au plan du rétablissement de l’ordre et de la sécurité sur l’ensemble du territoire national.

Nos militaires qui sont restés fidèles à la nation et aux valeurs de la République n’attendent plus que cela. Regardant à nos alentours, je ne peux manquer de citer l’exemple de la République Démocratique du Congo qui vient d’engager les Forces Armées Congolaises (FRC) contre les rebelles Rwandais du FDLR qui écument son territoire et sèment la zizanie. Ne continuons pas dire à que nous n’avons pas d’armée et que nous ne pouvons rien faire.

Les FACA sont là ! Mobilisons- les !

Notre Nation est en péril, levons-nous et comptons d’abord sur nous même ! Nous avons attendu le désarmement, et le miracle ne s’est pas produit.

Que voulez encore ?

• Mesdames et Messieurs,

Avant de finir, je condamne avec vigueur la prise en otage de Monsieur Armel SAYO, Ministre en exercice de la Jeunesse et des Sports. Son rapt est un acte crapuleux qui ne peut se justifier en aucune manière. C’est pourquoi, le Conseil National de Transition exige sa libération immédiate. Il demande au Gouvernement de ne verser aucune rançon aux auteurs de cet acte terroriste qui doivent être recherchés et traduits en justice. L’Etat doit rester ferme et poursuivre la procédure engagée contre Andjilou dont le nom est révélateur de nombreux crimes et autres délits. Enfin, le Conseil National de Transition note avec regret la décision de la Commission de Sanction de l’Organisation des Nations Unies de proroger l’embargo des armes en direction de la République Centrafricaine. Il consacrera une journée spéciale de concertation sur la question au cours de cette session extraordinaire et saisira en tant que de besoin le Secrétaire Général des Nations- Unies de ses appréciations.

Sur ce, je déclare ouverts les travaux de la deuxième session extraordinaire du Conseil National de Transition.

Que Dieu bénisse la République Centrafricaine et son Peuple ! J

Je vous remercie.