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Boko Haram : le cynisme de Goodluck Jonathan
L’offensive contre Boko Haram est lancée. 200 morts dès les premiers jours dans les rangs de ces soudars qui pillent au nom d’Allah faute de mieux. Les Tchadiens font le travail, pendant que le président de la République du Nigéria Goodluck Jonathan, le "président Goodluck" comme on l’appelle, regarde et pense à sa réélection. Le cynisme à l’état pur.

Par Olivier Ravanello Journaliste 

Florence n’est plus dans Florence. Machiavel devait être Nigérian. C’est en tout cas ce que l’on se dit en voyant le président nigérian Goodluck Jonathan. Depuis 6 ans, Boko Haram a basculé dans la violence aveugle et barbare : 15 000 morts. Dans le dernier massacre de masse à Baga, 15 villages ont été passés au fil du rasoir. On parle de 2000 morts, pour l’essentiel des civils. Le nord est à feu et à sang. La pauvreté et le mépris des autorités centrales ont enfanté de la barbarie à l’état pur. On tue pour tuer. On égorge pour le plaisir. On viole par ennui. Pour prouver qu’on est un homme. Pour se défouler. Pour un butin. Un prestige.

Des bombardements qui alimentent la rage de familles innocentes

Pendant des années, les autorités nigérianes ont laissé faire. Les nordistes musulmans en payaient seuls le prix. Pas de quoi donner des insomnies au sudiste chrétien Goodluck Jonathan. De temps à autre, l’armée bombardait des villages, tuant 10 civils pour 1 terroriste. Les raids alimentaient la rage et la haine dans les familles innocentes dont les fils allaient grossir les rangs de Boko. Cet engrenage a pris fin quand, sur un coup de tête, un groupe de Boko Haram est allé massacrer un village tchadien. La provocation inutile d’un groupe sans chef et sans tête. Aidé par le Niger et le Cameroun, Idriss Deby, le président tchadien, montait la contre-offensive. Les forces spéciales tchadiennes sont passées à l’attaque hier. 200 morts dans la journée chez Boko Haram. Plus que l’armée nigériane n’aurait osé en espérer en une année. Pendant ce temps, les premiers concernés, les Nigérians, se hâtent lentement vers le nord. Le président Goodluck ne les pressent pas. Les élections, reportées une premières fois de 6 semaines (comme si en 6 semaines la situation serait réglée) pour se tenir fin mars. Le principal adversaire de Goodluck est le général Buhari.

Le président Goodluck, un intérêt à faire la guerre ?

En bon général, il promet de faire le ménage au nord d’où il est originaire. Une grande partie de son électorat est là-bas. Mais qui va voter dans l’État de Borno à feu et à sang ? Personne. Les bureaux de vote ne seront sans doute pas ouverts. Le président sortant Goodluck a donc tout intérêt à la guerre. Car dans la guerre son adversaire perd des voix. Machiavélique.

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