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Sur les traces de mon père assassiné par les hommes de Habré
 Dédié a tous les orphelins de septembre noir sous le régime D’Hissen Habré !

Par Torta Djimasra Patrick

Bientôt 30 ans….. Mais je vis cela comme si c’était encore hier ! Voilà 30 ans que sans autre forme de procès, des hommes sans foi ni loi ont enlevé mon père ! Ils portaient des "robes" et leurs yeux rouges nous balançaient la haine! la haine de voir les gens heureux! C’était en septembre 1984 à koumra ! La famille ne le reverra plus jamais, au grand jamais !

Je me souviens encore de cette date de septembre 1984, de cette heure, 18h ou une bande bien armée entrait dans notre maison. D’une brutalité sans précédente, Mon père, médecin de son état, fut enlevé en présence de sa femme et de ses enfants. Un enlèvement synonyme de mort au temps de Hissène Habré. Où es-tu donc Papa ? Que deviens-tu ? Habré, dis-nous où se trouve notre papa, 30 ans après. Depuis cette date, nous ne t'avons plus jamais revus, cette date restera gravée dans nos Cœurs, papa. Je sais que du haut du ciel tu peux être content de nous, car ces sanguinaires qui ont voulu sombrer notre avenir en t'égorgeant comme un mouton sur l'axe koumra-bessada dénommé « abattoir Sara » ont échoué.

Nous sommes encore en vie, car Dieu ne nous a pas abandonné. Des milliers d’autres orphelins comme nous, ont vu leurs rêves d'enfance s'envoler, alors que leurs papas avaient de bons plans pour leur avenir, hélas!!! Habré et ses hommes ont brisé tout espoir, tout projet. Ces barbares des années 84 étaient en arme, brandissaient la haine, soufflaient le feu… Ils tuaient, traînaient les innocents dans le sang et sans raison… Le gang des barbares était tout feu, tout sang !

Ils aimaient faire couler le sang !

30 ans après, sommes-nous en droit de demander des explications à ces sanguinaires dont certains vivent encore dans un luxe insolent au vu et au su des veuves et des orphelins. Ce luxe, fruit des pillages et du vol. L’horreur avait un visage ! Habré et ses hommes avaient le droit de vie et de mort sur les tchadiens et les exécutaient comme des chiens errants. De sa prison, Habré aura le temps de revoir en différé l’horreur de son règne !

Les 40 000 morts dont mon père traverseront sa conscience. Ces tchadiens qui ont eu le malheur de croiser le chemin des sadiques, sans pitié, sans respect pour leur innocence, qu’ils ont piétiné. Ils n’étaient à leurs yeux que des choses sans importance, dont on se débarrasse une fois les instincts bestiaux assouvis. Je me souviens encore des cris de nos mères et de nos pleurs suppliant ces machines à tuer d’avoir pitié de nous mais en vain ; ils étaient sans cœur, n’avaient en tête qu’une seule chose, tuer nos papas comme des chiens. Les cadavres de nos papas abandonnés dans la brousse sur la route de <Massa> Abattoir Sara, nous n’avons pas le droit de les enterrés, quelle est cette manière de tuer des êtres humains et empêcher a la famille de voir ou soit de retirer le corps de la victime ?

Où est ce que ces hors la loi ont jeté le corps de papa ? Cette question revient toujours, reviendra toujours et pour toujours. Oui j’ai vécu tout cela de mon plus jeune âge. Mais aujourd’hui je demande à ses sanguinaires de septembre noir de me dire où se trouve mon papa ? Oubliez-vous ce que vous avez fait subir à ce peuple ?

Ou faites-vous semblant de l’oublier, sachiez que nous orphelins et veuves de vos barbaries ne pourrons jamais oublier cela. En âme et conscience, vous savez que vous êtes coupables, oui coupable de tous les maux dont souffrent le Tchad et son peuple. Vous n’aurez jamais la paix, vous serez toujours obligés d’avoir peur de votre propre ombre jusqu’au jour où vous aurez le cœur de réunir ces orphelins et veuves et de leurs dire ce que leurs pères et/ou maris ont fait pour qu’ils méritent ce que vous leur avez infligé.

Vous pensez être des hommes forts et pourtant, en vous se cache une peur qui vous empêche de faire confiance à votre propre peuple, le peuple tchadien. Oui cette date de septembre noir est inscrite en lettre noire dans vos cœurs.

Vous êtes indignes d’être considérés comme des êtres humains ! Je suis debout et je vous annonce que vous avez tué mon père sans raison.

Médecin, il ne faisait que son travail dans la dignité et dans le respect. Il luttait pour soulager les gens, il luttait pour les empêcher de mourir … Contrairement à vous dont la lutte consistait à faire souffrir et à faire mourir les gens ! Vos mains tachetées de sang trembleront toujours devant les orphelins et les veuves.

Savez-vous ce qu’ils sont devenus ces orphelins?

Savez-vous ce qu’elles sont devenue ces veuves?

L’âme de mon père et celles des autres pères scintillent désormais dans la voûte céleste, loin de la barbarie des hommes.

Torta Djimasra Patrick (0023566929301)

Fils de Djimasra Gilbert (Chef Médecin) assassiné à koumra par les génocidaires tchadiens de septembre noir

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