Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Congo: un nouveau mandat pour Sassou Nguesso ?


La classe politique congolaise reste divisée sur la question. Et la moindre déclaration de Sassou Nguesso est scrutée à la loupe.

Par Olivier Taty à Brazzaville

Parmi les pays africains qui organiseront les scrutins présidentiels en 2016 figure la République du Congo. Un an et demi avant cette échéance électorale, la fièvre monte dans les différents états-majors politiques. Et pour cause. Le sujet relatif à la Constitution du 20 janvier 2002 qui régit le Congo actuellement s'est invité au débat, jetant aux oubliettes la problématique et les grandes thématiques de la présidentielle à venir. cg Sassou 567e2 Denis Sassou Nguesso Les politiques congolais ne devraient pas se regarder aujourd'hui en chiens de faïence si le Parti congolais du travail (PCT), la principale formation politique de la majorité présidentielle n'avait pas jeté sur la place publique, comme un ballon d'essai, le sujet de la modification de la Constitution. Une loi fondamentale qui n'autorise pas le président Denis Sassou Nguesso (âgé de plus de 70 ans), de briguer plus de deux mandats. C'est pour contourner cette difficulté et faire sauter le verrou du nombre de mandats et de la limite d'âge que le PCT se propose d'organiser un dialogue national sur les institutions républicaines. L'idée, en réalité, ne plaît pas à tout le monde. A commencer par le PCT lui-même, où deux membres influents du bureau politique et anciens ministres, André Okombi-Salissa et Charles Zacharie Bowao, ont clairement affiché leur opposition à une démarche politique qu'ils qualifient d'inopportune. Si M. Okombi-Salissa a promis poursuivre son combat politique au sein du PCT, malgré l'adversité, Charles Zacharie Bowao, par contre, est prêt à claquer la porte « si par extraordinaire, le président Denis Sassou Nguesso venait à se maintenir au pouvoir au-delà de 2016. » Rappelons qu'André Okombi-Salissa est actuellement le député du PCT à Lékana (département des Plateaux). Le professeur Charles Zacharie Bowao assure les fonctions de coordonnateur de la formation doctorale au département de Philosophie, à la faculté des Lettres et des Sciences humaines (FLSH) à Brazzaville. Le flou Au sein de la majorité présidentielle, c'est la cacophonie. Le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI) n'est plus en odeur de sainteté avec le PCT. Le MCDDI, deuxième force politique de la majorité et du pays, a tenu du 3 au 4 avril son premier congrès national extraordinaire. Ce congrès de « clarification » (sic) a donné l'occasion au MCDDI de déclarer officiellement son opposition à un changement de Constitution et de présenter un candidat à la présidentielle l'année prochaine. Certains partis politiques comme le Rassemblement pour la Démocratie et le Développement - RDD - de l'ancien président du Congo Jacques Joachim Yhombi Opango et le Mouvement pour l'Unité et la Solidarité et le Travai – MUST - de la ministre Claudine Munari ont préféré quitter la majorité présidentielle. D'autres partis politiques comme le Rassemblement Citoyen – RC - du ministre Claude Alphonse Nsilou, la Dynamique républicaine pour le développement – DRD - du ministre Hellot Maston Mampouya, le Rassemblement pour la démocratie et le progrès social – RDPS - du sénateur Bernard Mbatchi et le Mouvement actions et renouveau – MAR - du député-maire de Pointe-Noire Bouity Viaudo, ont refusé de s'engager dans un débat « aux contours politiques flous » sans avoir reçu mandat de leur base politique. A dire vrai, au sein de la majorité, le PCT n'est soutenu sur cette question que par un seul parti politique ayant une assise nationale : le Club 2002-PUR, de Willy Nguesso, neveu du président Sassou Nguesso. Référendum Dans le camp adverse, la quasi-totalité des formations politiques s'oppose au changement de constitution : l'UPADS de Tsaty-Mabiala, l'UPRN de Mathias Dzon, le PSDC de Clément Miérassa, l'UDR-Mwinda de Guy Romain Kinfoussia, le CAP de Jean Itadi, etc. Tous soutiennent l'organisation d'un dialogue national, à condition qu'il soit convoqué par le président de la République et qu'il ait à son ordre du jour un seul point : celui de la gouvernance électorale. Pour l'opposition, les élections au Congo ne sont pas bien organisées depuis le retour aux affaires du PCT, en octobre 1997. Qui pis est, le fichier électoral est vicié, selon eux. Évoquer donc un quelconque scrutin dans un tel contexte constitue, pour eux, une supercherie. Et le président Denis Sassou Nguesso dans tout cela ? Veut-il réellement partir ou rester au pouvoir ?

En mission d'Etat, récemment, à l'étranger, M. Sassou Nguesso a promis de consulter le peuple congolais par référendum.

Partager cet article

Repost 0