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En Côte d’Ivoire, la ruée vers les aphrodisiaques traditionnels
Par Alexis Adélé (contributeur Le Monde Afrique à Abidjan, Côte d'Ivoire)


 Exposés dans des bouteilles sur les différents marchés d’Abidjan ou encore vendus en sachet, ces aphrodisiaques traditionnels – communément appelés « soupape de sécurité » – connaissent actuellement un réel succès en Côte d’Ivoire. Depuis deux ans, le produit le plus recherché est l’Attoté. Il s’agit d’une potion faite à base d’écorces d’arbres (la composition est secrètement gardée) et dont la bouteille de 50 cl est vendue 2 000 F CFA (3 euros) l’unité dans une cinquantaine de points de vente à travers le pays, mais également sur Internet. « Cela fait six mois que j’en prends et j’avoue en être satisfait », se félicite dans un éclat de rire, Stéphane Kouamé. Trentenaire, ce fonctionnaire affirme avoir retrouvé son « statut d’homme à la maison » grâce à ce produit. 

« J’étais incapable de faire l’amour plus d’une fois dans la nuit et ma partenaire montrait des signes d’agacement. La vie de notre couple était même en jeu… Mais aujourd’hui, je parviens à la satisfaire », assure Kouamé, qui vient d’acheter les trois dernières bouteilles de son principal fournisseur. L’Attoté a été détourné de son usage principal, et nul ne sait vraiment aujourd’hui si la consommation de ce produit à la couleur ocre et au goût amer ne risque pas d’entraîner des effets secondaires à long terme. « Il a été conçu pour soigner les cas d’hémorroïde et d’hypertension. Puis, il a été découvert que le médicament agissait positivement sur la virilité », explique Torna Soro, praticien traditionnel à Abidjan. Parmi les autres aphrodisiaques présents sur les marchés, on retrouve les « Petits colas », dont les Ivoiriens sont également friands. Ce fruit, au nom scientifique de Garcinia cola, trouve sa zone de production à Elibou, une localité située à une trentaine de kilomètres au nord d’Abidjan. « Chaque fois que je passe par l’autoroute du nord, je fais une pause à Elibou pour faire mes emplettes en Petits-colas. C’est un bon stimulant, il me procure l’énergie et ça me rend très viril », se convainc Drissa Sangaré, transporteur, qui en mâche deux par jour pendant qu’il conduit.

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