Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 MA VISION DU TCHAD DE DEMAIN

Par Armand Djimassal à N’Djaména.

Un processus de rattrapage social doit être mis en œuvre et chaque tchadien devra voir satisfait l’ensemble de ses besoins sociaux à travers un système de prévention des risques et une garantie de l’égalité des chances. Sur le secteur de la santé, six mesures doivent être adoptées et mises en place pour améliorer les services et développer un système de protection sociale : 1. Une meilleure gouvernance du système de santé, 2. Des réformes hospitalières et celles du médicament, 3. Un plan de renforcement des ressources humaines, 4. Un plan de construction, d’équipement et de normalisation des infrastructures sanitaires, 5. Un renforcement des systèmes d’information et de prévention, 6. Une couverture maladie universelle. L’amélioration de l’accès à l’eau et à l’assainissement passe par la mise en œuvre d’une politique de développement qui se décline en quatre (4) axes : 1. Un renforcement du cadre institutionnel et réglementaire afin de prendre en charge, de façon adéquate, une diversité de demandes et d’utilisations de l’eau et pour en organiser l’accès dans le cadre d’une politique intégrée de gestion durable de la ressource. 2. Une amélioration de la connaissance des ressources en eaux souterraines et renouvelables qui est essentielle à la définition des politiques de l’eau et des stratégies pour leur mobilisation et leur gestion durable. 3. Un développement de l’accès à l’eau potable qui se décline en deux volets : • Le développement de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement par la mise en place d’infrastructures de desserte dans les grandes villes et la démocratisation de l’accès individuel en zones périurbaines et en milieux ruraux pauvres avec l’implication des populations dans leur gestion, • La création de plateformes de services pour l’insertion des jeunes dans les métiers de l’eau et de l’assainissement en développant les initiatives dans ces métiers à tous les niveaux et en particulier au profit de jeunes déscolarisés issus des populations pauvres des zones périurbaines et rurales. 4. Un renforcement de l’hydraulique pastorale pour supporter le développement des secteurs de diversification économique du Tchad. Ce renforcement passe par la maîtrise du captage, du stockage et de la distribution de l’eau afin de répondre de façon adéquate aux besoins des secteurs agricole et pastoral. L’accès à un habitant décent et aux services sociaux de base devrait être démocratisé et élargi à tout tchadien, quel que soit son niveau de revenu grâce à cinq axes : 1. La réforme des lois foncières et de la gestion et de la sécurisation des domaines privés 2. La mise à disposition des tchadiens des parcelles assainies et des crédits à taux réduit pour la construction de leur logement, 3. La réalisation des logements à loyer modéré à Ndjamena et dans les grands centres urbains , 4. La réhabilitation des quartiers à habitat précaire pour y garantir la sécurité de la tenure et la réhabilitation de l'habitat existant, 5. La dotation des plus grands centres urbains de plan stratégique de développement urbain. La réforme du secteur éducatif reposera sur deux grandes mesures phares : i) une meilleure orientation du système éducatif vers les nouveaux besoins du tissu productif et ii) un renforcement de la formation et de l’insertion professionnelle. La mise en œuvre de la première mesure s’appuiera sur deux principaux axes : 1. L’amélioration de la qualité du système éducatif en modernisant les infrastructures éducatives, en renforçant les capacités des enseignants et formateurs et en rationalisant le pilotage et la gestion financière, administrative et pédagogique du système éducatif. 2. La professionnalisation de l’enseignement supérieur en orientant le système éducatif vers les futurs secteurs de diversification économique du Tchad en particulier l’élevage et l’agriculture et la transformation agro-industrielle ; les mines et les services à valeur ajoutée. Le renforcement de la formation et de l’insertion professionnelle se fera en encourageant et en promouvant les initiatives privées, notamment par la création des Petites et Moyennes Entreprises, et mettant en place des plateformes de services. Ces dernières vont permettre la formation et l’insertion de jeunes dans les filières agropastorales, l’installation et la maintenance de kit solaire dans la politique d’électrification rurale. GOUVERNANCE ET ___ DEVELOPPEMENT INSTITUTIONNEL ___ Actuellement, trois maux gangrènent l’administration publique tchadienne : • Une mauvaise affectation des ressources humaines, • Des lenteurs et une faible efficacité administratives, • Une instabilité institutionnelle. La Fonction Publique tchadienne est l’un des plus gros employeurs du pays avec un effectif total d’environ 60 000 agents civils et 60 000 militaires en 2011. La moitié de ces agents civils est constituée de contractuels et de décisionnaires. Cependant, les besoins des services publics en ressources humaines restent importantes tant quantitativement que qualitativement. La norme en la matière est d’un fonctionnaire pour 100 habitants pour assurer un bon niveau de la qualité du service public. Elle est de moins de 1,5 fonctionnaire pour 200 habitants au Tchad contre 1,5 à 6 fonctionnaires pour 200 dans les autres pays francophones. L’armée, dont les effectifs restent pléthoriques, a besoin d’un renforcement des capacités pour lui permettre de s’adapter aux changements de son environnement et faire face à ses nouvelles missions. Le constat des lenteurs administratives et de la faible performance de l’Etat, issu du document de Stratégie Nationale de Bonne Gouvernance reste encore d’actualité. Les nouvelles technologiques sont largement absentes dans notre administration et les différentes entités ne sont pas connectées entre elles même quand les distances qui les séparent sont faibles. L’essor de la téléphonie mobile, qui a réussi à se déployer dans tout le pays, a eu un retentissement très faible dans l’efficacité de l’administration. Le coût élevé des communications n’a pas favorisé une meilleure intégration entre les administrations et l’Internet reste largement inexistant. La politique de décentralisation a été jusqu’ici handicapée par une certaine instabilité institutionnelle malgré les réelles avancées que constituent l’organisation réussie des élections communales et l’adoption des textes organiques relative à la décentralisation. Le suivi interne des politiques ainsi que la visibilité du Tchad auprès des grandes institutions financières, agences de notation et partenaires au développement technique sont lourdement affectés par la faiblesse de la production statistique et sa qualité. Dans le but d’améliorer la gouvernance et la gestion administrative de l’Etat, sept actions majeures doivent être mises en œuvre : 1. Un ambitieux programme de réforme de l’Etat qui commence par la modernisation de l’administration publique Tchadienne. Elle vise, dans les délais de ce quinquennat à en améliorer substantiellement le fonctionnement et l’efficacité notamment en ce qui concerne les services délivrés au public, aux entreprises… L’objectif est également d’avoir une administration plus spécialisée, plus efficace délivrant des services de qualité aux usagers. Cette spécialisation focalisera l’administration centrale dans sa mission d’élaboration et de conduite des politiques. Avec le développement souhaité de l’investissement privé et des partenariats public privé, il est important que l’administration publique se dessaisisse des activités de régulation qui devront être assumées de façon impartiale par une institution indépendante qui veillera au respect des dispositions contractuelles régissant toutes les parties. La situation actuelle, où l’administration est juge et parti, constitue une faiblesse du cadre des affaires au Tchad et un frein pour attirer l’investissement privé. Par ailleurs, le processus de développement avec les grands projets de l’Etat en cours et à venir, nécessite d’assurer pour le compte de l’Etat, une maitrise d’ouvrage adéquate pour la réalisation de ses programmes et projets. Cela exige un mode de management de projets et des compétences spécialisées requises que l’administration publique ne peut assumer faute de compétence et d’organisation. C’est pourquoi, j’ai décidé de créer des agences qui mobiliseront les compétences spécialisées, fonctionneront selon les standards de fonctionnement du secteur privé et prendront en charge la gestion adéquate des grands projets de l’Etat. D’une manière générale, les enjeux de la réforme rendent indispensable un programme de renforcement des capacités des ressources humaines de l’administration, ainsi qu’un plan de rationalisation et de redéploiement des effectifs de l’administration. La disponibilité de services modernes de communication et d’outils variés de gestion, rendus accessibles par l’exploitation de la fibre optique, le développement de l’infrastructure numérique et de solutions liées aux technologies de l’information, permettent d’améliorer de façon substantielle le fonctionnement de l’administration et son coût ; la disponibilité des services de l’Etat sur l’ensemble du territoire et surtout les services aux usagers ; 2. L’instauration des meilleures pratiques en matière de gestion publique, notamment le renforcement des capacités en matière de gestion des ressources humaines, sera privilégié à travers un ambitieux plan d’Acquisition et de Développement des Compétences. Cela nécessite au préalable, l’inventaire des compétences critiques nécessaires à la prise en charge adéquate de tâches de plus en plus complexes de l’administration publique. Un bilan des compétences permettra, à partir de l’analyse de l’évolution des métiers de l’administration, de faire l’inventaire des besoins en compétences nouvelles et en renforcement des capacités dont notre Etat a besoin pour réaliser la mue que requiert la mise en œuvre du Plan Stratégique. L’amélioration de la Gestion des Ressources Humaines dans l’administration publique, bien que difficile, doit être entreprise avec volonté, courage et patience. Il s’agit de mettre en place un dispositif de mesure des performances avec un système plus incitatif pour le travail bien fait, la mesure de la performance et le travail d’équipe. Notre administration sera modernisée, notamment au plan de ses outils et grâce aux technologies de l’information qui permettront une meilleure communication entre les différentes composantes à un coût très faible. Ces outils permettront d’améliorer la circulation de l’information et la rapidité d’exécution mais surtout les services délivrés aux usagers et ce sur l’ensemble du territoire tchadien. L’administration profitera également des nouvelles technologies pour simplifier, dématérialiser ses procédures, gérer des bases de données statistiques sur différents secteurs, avoir une pleine maitrise des grands registres de l’Etat, notamment sur des sujets critiques (identité des personnes, cadastre…). Les réformes visant la modernisation de la gestion de finances publiques seront recentrées autour de l’adoption et la mise en œuvre d’une nouvelle loi organique relative aux lois des finances alignée sur les normes et directives reconnues. L’amélioration du rendement des régies et le renforcement de l’efficacité et l’efficience de la dépense publique seront des objectifs prioritaires qui engagent l’administration publique. Elles sont essentielles dans l’objectif de renforcement du cadre macroéconomique ; 3. Le renforcement du rôle des institutions de la République. Le processus de construction d’un Etat démocratique s’est achevé avec l’organisation des élections devant consacrer la mise en place des structures décentralisées. Il conviendra, au cours de cette période, de renforcer le fonctionnement de toutes les institutions de la République. Des mécanismes devront également être mises en place pour une plus grande implication des organisations de la société civile dans la gouvernance publique ; 4. Réviser dans les plus brefs délais, les circuits de la prise de décision aussi bien en matière financière qu’administrative pour lui donner l’efficacité et la fluidité nécessaire. De même, les mesures visant à renforcer le contrôle de l’action gouvernementale seront mises en œuvre et le renforcement de l’efficacité des Institutions de la République sera ma priorité ; 5. Mettre l’accent sur le renforcement du système statistique national pour le placer à un niveau de performance parmi les plus élevés en Afrique. Il lui faudra produire des informations de qualité, permettant au public de piloter et de suivre les progrès, au privé d’analyser les opportunités et au citoyen de juger des performances ; 6. Poursuivre la professionnalisation de l’armée et des forces de sécurité entamée avec la maitrise des effectifs que j’ai personnellement impulsée au cours de la période récente. Ces forces de défense et de sécurité, doivent faire la fierté nationale, une force au service non seulement du développement économique et social, mais aussi, au service de la paix et de la démocratie et de l’unité africaine. Avec l’appui des partenaires, un programme, visant la restructuration et la formation de l’armée ainsi que le renforcement des conditions de travail, doit être mise en place et exécuté ; 7. Les différents secteurs de soutien que sont la culture, la communication, le sport, etc. doivent réussir leur mutation afin d’assurer une contribution efficace à la mise en œuvre de cette vision. Longtemps réduit à des rôles de second rang du fait des allocations budgétaires minimales et d’une absence de vision, ces administrations devront bénéficier d’un soutien pour mettre en œuvre des stratégies élaborées autour des défis que constitue l’exécution de ce plan stratégique. DEVELOPPEMENT ENVIRONNEMENTAL ___ ET PLAN CLIMAT DU TCHAD ___ L’environnement est aujourd’hui devenu un enjeu planétaire et la survie de millions de millions d’êtres vivants dépend de sa préservation. L’accélération du changement climatique en particulier du fait de l’action de l’homme et précisément l’émission de plus en plus abondante et non contrôlée de gaz à effet de serre, notamment le dioxyde de carbone, constitue aujourd’hui la menace majeure aux côtés d’une disparition de pans importants de la riche biodiversité de la planète « terre ». L’Afrique, continent de loin la moins émettrice de gaz à effet de serre, apparaît pourtant comme la première victime désignée par le dérèglement du climat. Elle en paie déjà un très lourd tribut avec le dérèglement de sa pluviométrie entrainant des cycles de sécheresses et de pluviométrie à l’abondance dévastatrice. Des pays comme le Tchad sont sous la menace de désastres tels qu’on observe aujourd’hui dans la corne de l’Afrique avec des sécheresses et des famines à grande échelle. Ainsi, au titre des changements climatiques, le Tchad est affecté par : • L’avancée du désert, et conséquemment, le recul constant, en raison de la sécheresse, des territoires de pâturage vers le sud, entrainant une colonisation du bétail de terres situées de plus en plus au sud et créant avec une démographie en hausse rapide, des problèmes d’occupation et de compétition sur les terres entre agriculteurs et éleveurs, avec des conflits parfois mortels; • Le risque majeur de disparition du lac Tchad qui a perdu les 9/10ième de sa surface en moins de 30 ans. Le lac a une biodiversité riche et est essentiel dans l’écosystème de la région et comme source de revenus pour plus de 30 millions de riverains du lac ; • Un dérèglement des climats sahéliens affectant le cycle normal de la pluviométrie et expliquant la récurrence forte des cycles de sécheresse et d’inondations, en lieu et place de normes de pluviométrie ayant jusqu’ici permis le développement de l’agriculture sahélienne avec de vraies civilisations agraires bâties autour. Le Tchad qui apparaissait comme un rempart naturel pour les autres pays de l’Afrique Centrale, pourrait ainsi perdre le combat face à l’avancée inexorable du désert (estimé à plus de 5 km/an), si des ressources conséquentes additionnelles ne sont pas mobilisées par la Communauté. Le Tchad se dotera d’un Plan climat avec des projets ambitieux de prévention et d’adaptation au changement climatique. Ce plan tourne autour de projets majeurs dont : 1. L’aménagement du territoire et le développement des cultures avec une maitrise totale ou partielle de l’eau : • Concernant les territoires agropastoraux, il s’agira de déterminer la vocation des terres, de les spécialiser, de déterminer et d’aménager les parcours de bétail et les zones de repli, de favoriser l’agropastoralisme à travers l’encouragement de la pratique d’embouche, avec l’utilisation des sous-produits agricoles et la promotion de cultures fourragères, la maitrise de l’eau à travers le développement de l’hydraulique pastorale, mais également l’aménagement des bas-fonds ; • Le développement de l’irrigation de grandes zones telle qu’avec l’aménagement en cours de 20 000 hectares, avec la fourniture de tracteurs produits au Tchad et dont la mise à disposition est facilitée par l’Etat. Au-delà, nous souhaitons développer la petite et micro-irrigation, mais également les cultures de décrue au bord des cours d’eau et à travers l’aménagement des bas-fonds pour la production agricole ; • En zone sahélienne, les forêts privées et communautaires seront promues avec le soutien de l’Etat. Une sélection des types d’arbres à développer et des zones à replanter sera faite sur la base, non seulement de la qualité des sols, mais aussi de leur impact économique. De même, un important programme d’adaptation de notre agriculture sahélienne (porté surtout sur les cultures vivrières et oléagineuses) sera élaboré et mis en œuvre. Il portera sur la vulgarisation de techniques adaptées à une pluviométrie devenue irrégulière et orientée à la baisse. Il s’agit des techniques de semis sur couverture végétale , mais aussi des techniques simples protégeant les terres agricoles de formes torrentielles de pluie , lesquelles ont un effet de lessivage qui appauvrissent les sols ; • En zone saharienne, l’accent sera mis sur la protection des terres cultivables autour des oasis grâce à des programmes de reboisement permettant de créer des mini-forêts servant à protéger les « Ouaddis ». Un important programme de développement de l’agriculture saharienne sera développé autour de la production de cultures de céréales et maraichères, notamment la production de raisins et de légumes, pouvant tirer profit d’un tourisme saharien que nous souhaitons développer mais également de possibilités d’exportation vers les pays de la région. L’atout majeur que constitue la disponibilité d’importantes ressources d’eau fossile permettra de développer les productions sous irrigation. 2. Le Tchad est pleinement engagé dans le projet continental d’établissement d’une ceinture verte pour servir de barrage à l’avancée du désert. Outre le fait de planter des arbres, il s’agit de reconstituer l’écosystème en dégradation des zones sahéliennes en éduquant les populations à éviter et lutter contre la déforestation, à développer, à travers la plantation, la production de bois pour leurs besoins et à jouir de revenus tirés de l’exploitation de produits forestiers non ligneux en particulier la Gomme Arabique, dont le Tchad vise le leadership de son marché mondial. La mise en place de cette ceinture verte exige de grands moyens dont ne dispose pas le Tchad. 3. Nous allons clore ce chapitre sur l’environnement par un problème qui me tient particulièrement à cœur, le sauvetage du Lac Tchad dont les conséquences causeront une perte inestimable de biodiversité végétale et animale sans compter la disparition des moyens de subsistance d’une population importante riveraine du lac dans les cinq Etats. Le projet de sauvegarde du lac Tchad, financé par les Etats riverains, ne bénéficie aujourd’hui d’aucun engagement significatif et risque de condamner le Lac à la disparition. le Tchad continuera à se mobiliser pour la sauvegarde du Lac, notamment en lançant des travaux de désensablement du Logone et du Chari les deux affluents approvisionnant le Lac .Ces grands travaux mobiliseront une main-d’œuvre abondante créant ainsi de l’emploi. Nous disons à nos partenaires qu’ils trouveront dans ce projet, un moyen d’appuyer un projet efficace associant la lutte contre la pauvreté et le développement de l’emploi pour les plus démunies. Tel est la quintessence du plan climat que le Tchad souhaite porter dans les grandes instances de négociation sur le climat mais également dans le cadre de coopérations bilatérales pour mobiliser les fonds nécessaires en appui de l’effort national. Il s’accompagnera d’une initiative de développement des énergies renouvelables en particulier le solaire et l’éolien dans les zones favorables notamment au nord du pays. __________LA MISE EN ŒUVRE DE LA VISION_________ Cinq (5) objectifs constituent les priorités du futur président de la République 1. La réforme de l’Etat tchadien permettant d’assainir la gestion des affaires publiques afin de préparer et d’engager le Tchad dans une dynamique irréversible de modernisation de sa gouvernance pour attirer plus d’investissement privé et créer de la valeur. Elle comprend la réforme du cadre des affaires visant à changer radicalement la perception des investisseurs privés vis-à-vis du pays pour ainsi créer les conditions adéquates à l’attrait de l’investissement et des Partenariats Public Privé. La mise en place d’une base de connaissances permettra de donner une visibilité sur l’économie tchadienne et son potentiel. 2. Des efforts d’investissement en infrastructures qui devraient être visibles, dès la fin de ce quinquennat. Ils préparent l’accès aux marchés demain, d’une multitude de produits tchadiens qui porteront la diversification et la création de valeur de l’économie tchadienne diversifiée. Le programme d’infrastructures multimodales que nous réalisons, fera à son terme du Tchad, un nœud logistique de premier plan entre l’Afrique Noire, la Méditerranée Orientale et le Moyen Orient. 3. La diversification de notre économie reposera, comme je l’ai toujours dit, sur son socle agropastoral. L’économie tchadienne post-pétrolière reposera sur l’exportation de viande et des produits carnés transformés certifiées Halal, les huiles et graines oléagineuses, ainsi que la gomme arabique et d’autres produits agro forestiers, visant des marchés de niche lucratives. Elle rayonnera sur le vaste marché régional par ses produits maraichers (oignon, ail pomme de terre, voire des légumes et fruits frais). Elle comptera dans sa transition sur une filière cotonnière réformée et remise à flot renforçant une production céréalière par l’apport de ses intrants. 4. Un véritable effort d’allocation de ressources sera engagé en faveur d’une prise en charge importante, adéquate et plus efficace de la lutte contre la pauvreté, en particulier la grande pauvreté. Elle visera une forte régression de la précarité alimentaire, grâce à l’accélération des efforts de sécurisation de la production céréalière pluviale et d’un développement de cultures irriguées. Elle passera également par un programme de formation visant en priorité les jeunes déscolarisés ou rejetés du système scolaire. Ces formations auront comme réceptacles, les grands travaux et opportunités d’emploi créées dans de nombreux secteurs, allant des programmes de lutte contre la désertification, d’agriculture, d’élevage, aux côtés d’emplois plus qualifiées nées d’une économie de plus en plus diversifiée. 5. Le Tchad se dotera également d’un ambitieux plan climat pourvoyeuse de nombreux emplois verts, qu’elle souhaite mettre en œuvre avec l’appui de partenaires à nos efforts internes. Tel est la quintessence de ce quinquennat dédiée à la renaissance du Tchad ! La mise en œuvre du Plan Stratégique exige un cadre macroéconomique sain, préservant l’équilibre des finances publiques et la viabilité de la dette publique. Le Tchad n’est pas un grand pays pétrolier en dépit du potentiel important de ressources pétrolières qu’on lui prête. Il reste fondamentalement un pays à vocation agricole et pastorale, seuls secteurs pouvant porter une croissance économique durable et inclusive au Tchad, permettant une lutte efficace contre la pauvreté. L’accès à l’aide publique au développement et aux financements innovants, aux côtés d’une mobilisation des ressources publiques, apparait indispensable pour relever ce défi. La mise en priorité de ces orientations au profit des plus pauvres, m’engage. Elle se traduira par une mise en œuvre adéquate allant de l’élaboration de projets, la mobilisation du financement, une gestion efficace de la mise en œuvre. J’invite les partenaires au développement à apporter au Tchad tout l’appui en termes de financement et de partenariat. Je souhaite également ce partenariat pour l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE qui est une priorité pour le gouvernement tchadien. Elle doit nous apporter les ressources concessionnelles indispensables à la lutte contre la pauvreté et à la réussite de l’ambitieux programme de rattrapage social sur lequel nous nous engageons. Les infrastructures économiques sont une autre priorité de notre stratégie de développement économique. Au regard de la taille du territoire tchadien, elles nécessiteront la mobilisation d’importants moyens, notamment une diversité de financements allant de ressources concessionnelles, prêts souverains, don privés, recours au marché financier et développement de partenariats publics privés. Je compte créer une institution en charge des participations publiques au financement de projets dont ceux concernant les infrastructures. Ce fonds souverain portera les investissements de l’Etat de façon plus professionnelle et avisée que l’administration des finances publiques. En outre, je veillerai à ce qu’un accent particulier soit mis sur la mobilisation des ressources publiques. Il s’agit d’abord de renforcer les performances de la mobilisation des recettes intérieures. Ensuite, la réforme des banques commerciales, trop dépendantes de la participation et des flux financiers de l’Etat, sera entreprise. Les mesures adéquates pour renforcer leur crédibilité seront également prises, en attirant la participation du secteur privé dans leur capital et en mobilisant l’épargne privé, afin qu’elles puissent jouer de façon adéquate leur rôle majeur de financement de l’économie. La participation de la diaspora devra être favorisée. La vision pour un rayonnement régional du Tchad à l’horizon 2025 a déjà été déclinée en orientations stratégiques claires et ambitieuses. Des plans sectoriels, découlant de ces orientations stratégiques, seront ensuite élaborés pour les trois moteurs de croissance de notre économie (Agriculture, Elevage, Hydrocarbure et Mines), les fondements qui sous-tendent leur développement (Capital Humain, Cadre global des affaires, Infrastructures, Environnement et Aménagement du Territoire, Gouvernance et Réforme de l’Etat). A la suite de ce travail, des plans de développement économique et social sur des périodes de cinq ans, seront élaborés et permettront une déclinaison plus fine des plans sectoriels. Ainsi, Notre pays sera doté de trois plans de développement économique et social d’ici à 2025. Ces plans serviront de base à l’élaboration des feuilles de route ministérielles annuelles pour l’ensemble des ministères (y compris des ministères support et de souveraineté) leur permettant d’avoir une vision claire sur les chantiers qu’ils doivent mener, la période pendant laquelle ils doivent les exécuter et les ressources financières et humaines qui leur seront allouées. Cette déclinaison des plans de développement économique et social en feuille de route ministériel permettra une définition claire des besoins de chaque ministère et facilitera ainsi la fixation budgétaire annuelle de l’Etat. L’ensemble de ces feuilles de route sera centralisé dans un tableau de bord dont le suivi sera assuré par une équipe dédiée, logée à mes côtés, à la présidence. Ainsi, un système de reporting des activités de chaque ministère sera mis en place et me permettra d’avoir régulièrement une vue complète sur l’état d’avancement des projets en relation avec les montants décaissés. Quelques idées pour me permettre de suivre les progrès dans la mise en œuvre de ce Plan Stratégique: 1. Une conférence présidentielle d’investissement permettant de suivre l’évolution du climat des affaires ; 2. Une conférence annuelle sur la performance des entreprises publiques ; 3. Une conférence annuelle des maires permettant d’assurer aux populations, l’efficacité qu’elles attendent de la part de nos jeunes communes d’une gestion locale des affaires.

Partager cet article

Repost 0