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La Burundi est dans la crise depuis un an
Bujumbura (Burundi), 25 avr 2016 (AFP) - Le Burundi est plongé depuis un an dans une grave crise émaillée de violences, née de la volonté du président Pierre Nkurunziza de se maintenir au pouvoir pour un 3e mandat, qu'il a obtenu en juillet dernier. Ce mandat est jugé par les contestataires contraire à la Constitution et à l'accord d'Arusha ayant permis de mettre fin à la guerre civile (1993-2006). Les violences ont fait plus de 500 morts et plus de 270.000 réfugiés depuis le début de la crise (sources onusiennes). - DÉBUT DES MANIFESTATIONS - - 26 avr 2015: Des milliers de manifestants se réunissent, bravant l'interdiction du gouvernement, au lendemain de la désignation de M. Nkurunziza par son parti, le CNDD-FDD, comme candidat à la présidentielle, donnant le coup d'envoi de six semaines de manifestations, quasi-quotidiennes à Bujumbura et sévèrement réprimées. - TENTATIVE DE PUTSCH AVORTÉE - - 13 mai: L'ancien chef du service de renseignements et ex-chef d'état-major de l'armée, le général Godefroid Niyombare, annonce la destitution de M. Nkurunziza, en déplacement en Tanzanie. Le 15 mai, la tentative de putsch échoue, certains des meneurs se rendent, d'autres fuient. Pierre Nkurunziza, de retour à Bujumbura, établit un lien entre les putschistes et les "soulèvements en cours". Le 18 mai, il limoge son ministre de la Défense, jugé trop conciliant avec les manifestants, et celui des Relations extérieures. - DÉFECTIONS EN SERIE - - 28 juin: Le président de l'Assemblée nationale sortante Pie Ntavyohanyuma, 2e personnage de l'État, annonce sa défection depuis Bruxelles. Son départ s'ajoute à la longue liste d'opposants, journalistes, membres de la société civile mais aussi cadres frondeurs du CNDD-FDD qui ont choisi l'exil. - RÉÉLECTION DE NKURUNZIZA - - 21 juil: Pierre Nkurunziza est réélu sans surprise, à l'issue d'un scrutin boycotté par l'opposition. - ATTAQUES CIBLÉES - - 2 août: Le général Adolphe Nshimirimana, homme fort de l'appareil sécuritaire, est tué à Bujumbura. Le journaliste et correspondant de l'AFP et de Radio France Internationale (RFI), Esdras Ndikumana, est arrêté par des membres du Service national de renseignement et roué de coups. Le 3 août, le militant des droits de l'Homme Pierre-Claver Mbonimpa est blessé par balle dans une tentative d'assassinat. Et le 15 août, un ex-chef d'état-major, le colonel Jean Bikomagu, figure du camp tutsi pendant la guerre civile, est assassiné par des inconnus. Le 11 décembre, au moins 87 personnes sont tuées dans des attaques coordonnées de trois camps militaires, selon l'armée. Des habitants de Bujumbura décrivent des exécutions sommaires par la police et des éléments de l'armée en représailles. - MISES EN GARDE CONTRE DES RISQUES DE "GENOCIDE" - - 17 déc: Le spectre du génocide et de la guerre civile plane sur le Burundi, estiment séparément l'Union africaine (UA) et l'ONU. Le lendemain, l'ancien président Pierre Buyoya met en garde contre "un risque de génocide" et dénonce la volonté des dirigeants actuels d'ethniciser la crise. - UNE POLICE DE L'ONU - - 2 avr 2016: Le Conseil de sécurité adopte une résolution qui confie au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon le soin de dresser une liste des options envisageables pour une présence policière onusienne, en collaboration avec le gouvernement burundais et l'UA. A la mi-avril, Ban Ki-moon propose trois options d'envoi d'une force de police, allant de 3.000 officiers à quelques dizaines d'agents. Fin janvier, l'UA avait renoncé à envoyer dans l'immédiat une force de maintien de la paix, face à la réticence de plusieurs chefs d'Etat africains et à l'opposition de Bujumbura. - 18 avr: Au moins 345 cas de torture et mauvais traitements ont été enregistrés cette année par l'ONU, qui déplore le recours "généralisé" à ces pratiques par les forces de sécurité gouvernementales agissant en "totale impunité". - JUSTICE INTERNATIONALE - - 25 avr 2016 : Evoquant des meurtres, emprisonnements, actes de torture et viols, la procureure de la Cour pénale internationale Fatou Bensouda annonce l'ouverture d'un examen préliminaire, étape préalable à l'ouverture d'une éventuelle enquête, sur les violences commises au Burundi.

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