Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Mian Hingam Sauria écrit aux députés tchadiens.

Chers honorables députés,


Vous qui représentez le peuple tchadien ;

Vous en qui il a mis sa confiance ;

Vous qui êtes le garant constitutionnel de ses aspirations, de sa souveraineté, de ses valeurs idéaux et principes ;

Que vous soyez de la majorité présidentielle ou de l'opposition ;

Je voudrais solennellement vous interpeller sur un fait qui ne peut pas être ignoré,

mon patriotisme et ma citoyenneté tchadienne me donnent je pense, ce droit.

Il y a quelques jours, le président Idriss deby Itno a déclaré devant les médias du monde que la France est passée par des voies obscures pour changer la Constitution et lui a forcé la main pour se représenter à la tête de l’Etat. Le quidam chargé de cette basse besogne était même inconnu de Deby !

Ce genre de situation ubuesque digne d’un film à l’humour noir sur l’Afrique comme bien de gens aiment bien les réaliser, est interpellateur voire intolérable quand il ne traduit pas le mépris et l’injure d’un individu et d’une puissance étrangère a notre pays et aux individus intelligents comme vous et moi qui le constituent.

Sommes-nous encore à l’époque de la colonisation ? Sommes-nous des êtres libres ? Sommes-nous un Etat souverain ? Sommes-nous une démocratie ? Sommes-nous un département français ? Est-ce le président Deby qui dirige le Tchad ? A-t-on idée qu’une telle chose puisse arriver dans un pays occidental et si non quelles peuvent en être les conséquences de fait et de droit pour un tel président?

Voila les questions qui me traversent l’esprit et je crois l’esprit de tous les tchadiens capables de poser une réflexion. Cette sortie sans précédent sur le continent africain, au-delà de l’opprobre qu’il apporte au peuple tchadien est d’une gravité sans pareil.

Je connais vos peurs, vos doutes quand à l'avenir et votre réticence dû à l'histoire et à la réal politique au Tchad. Mais il et plus que jamais temps de faire fi de vos aspirations et ambitions personnelles, car cette sortie sape tous vos efforts de développement de notre pays et constitue un terreau du délitement putatif voire de l’effondrement probable de notre Etat et partant de notre société, nos tribus, nos familles et finalement nos personnes.

J'en appelle à votre conscience, votre honneur, votre dignité et à votre bon sens, car à travers vous c’est de la conscience, l’honneur, la dignité et le bon sens du Tchad et de la société tchadienne dont il s’agit.

N’oubliez pas que vous représentez les tchadiens et donc que vous êtes le Tchad ;

Vous ne vous appartenez pas ;

Vous appartenez à ce peuple à qui vous rentrez comme aujourd’hui ou demain.

Vos actions, paroles et même votre mutisme et votre inaction sont très significatifs.

Que dites vous face à cette situation ? Peut-on l’ignorer ? Doit-on l’ignorer ? Quelle valeur accordée vous à notre Constitution, à son respect et à sa protection ? Cet acte pour ma part est assimilable à une violation de la souveraineté d’un Etat et ceux qui l’ont ourdi ne sont pas dignes des responsabilités à eux confiés quand ils ne peuvent pas être assimilées à une catégorie d’individus que je me réserve de citer ici.

Quand vous regardez vos progénitures et votre entourage, quel est le Tchad que vous voulez leur léguer? Quels modèles ? Quels idéaux ? Quels fondements ?

Je ne vous demande pas de poser telle ou telle action, mais le peuple vous regarde et veut connaitre votre position face à cette déclaration du président de la République. Beaucoup de problèmes vous ont souvent opposé à l’Assemblée suscitant émois et éclats de voix. Mais là il s’agit d’une situation bien plus grave encore qui dépasse le cadre de vos chapelles politiques pour embrasser la vision téléologique même de votre fonction.

Que votre décision soit guidée par le courage, le patriotisme et l'amour envers vos propres enfants et envers le Tchad car nous n'avons aucun autre pays que le Tchad. Le Tchad c’est notre Tout, c’est un legs cher que nous devons préserver et passer le flambeau allumé aux générations à venir.

La dignité humaine est ce qui nous reste quand on a tout perdu.

Mian Hingam Sauria


 

 

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :